Les tui shou et la
compétition
En
Asie, en Europe et en France ont été créé des compétitions de tui
shou. Cela pose divers problèmes pour le choix des règles sportives,
car les tui shou ne sont pas le combat. Le premier but des tui shou est
l'étude des forces essentielles, l'écoute du partenaire, la sensation
du toucher et
l'enracinement. Les tui shou sont une étape d'étude avant
l'enclenchement des techniques finales (frappes, balayages,
projections, clés).
Le barème des points en compétition se fait sur des techniques
visibles :
les déséquilibres dans toutes les directions.
Nous allons analyser à travers des vidéos, les quatre formes
compétitives de la fédération française des arts martiaux
chinois :
Création
de cette page en 2006
1.
pas fixe taiji quan (ouvert à tous les styles)
2. pas mobile taiji quan (ouvert à tous les styles)
3. libre taiji quan (n'existe plus en 2010/
2012...heureusement !)
4. tui shou yi quan compétition (réglement pas mobile)
Dans
le règlement de la fédération les techniques autorisées sont les
8
portes du taiji :
Peng : force de l'arc parer/extension, lu : tirer, an : presser, ji
:
pousser, lié : fendre/tordre, cai :saisie, zhou :coude,
kao :épaule.
En résumé, sont autorisées toutes les techniques, sans frappes , même
avec le coude et l'épaule, permettant de déséquilibrer son adversaire
:"heurt sans bruit" ?? d'après le règlement.
1.Pas
fixe Taiji Quan
Comme
nous le voyons sur cette vidéo, la compétition de "pas fixe"
est un drôle de jeu.
"Je perds si je bouge le pied" .Cela n'a plus de valeur martiale
car les compétiteurs prennent des attitudes et des postures pour ne pas
bouger : torsion dangereuse du corps , postures trop larges . Traditionnellement,
l'étude du pas fixe se basait sur l'enracinement avec écoute et continuité.
Dans cette forme compétitive où l'arbitre donne le signal du départ, il
n'existe plus de phase d'écoute et de constance, simplement une réaction spontanée.
Les réponses aux actions de pousser sont des réflexes inutiles . En
combat on bouge, on absorbe ou on frappe pour dévier les forces. On ne
plie pas son corps dans tous les sens. Cette gesticulation pour gagner des
points génère un comportement corporel qui n'est valable que pour ce jeu.
2.Pas
mobile Taiji quan
Compétition pour
tous les arts internes
Dans
cette vidéo, nous voyons que la ceinture rouge met les mains au niveau du
biceps et les bras sous les aisselles de son adversaire pour l'empêcher
de pousser et annuler ainsi les déséquilibres. Dans le cas présent, les
bras ne servent pas à se protéger ou parer des attaques. Ces gestes
négatifs seraient périlleux dans une optique traditionnelle : la clé de
bras serait facile pour la ceinture bleue. La compétition engendre des
réflexes défensifs (saisie, blocage des bras, collage au corps)
pour éviter la perte de points. Normalement ces gestes sont sanctionnés.
Les mains et les bras dans l'art martial doivent viser le centre et servir
de bouclier. En sortant les mains du centre et en saisissant pour
empêcher la poussée, le fondement (coller sans saisir) des tui shou disparaît.
3.Le
pas "libre"
N'existe plus en
compétition en 2008 / 2012
Le
"libre" tui shou du taiji autorise les balayages et les
projections. Ce n'est plus le tui shou mais un combat de
lutte . En autorisant les balayages et les projections, il n'est plus
nécessaire de pratiquer les tui shou car les techniques de lutte
demandent du corps à corps qui n'existe pas en tui shou
traditionnel. Les tui shou sont fait pour annuler ce corps à corps, le
contact des avants bras suppose de maintenir une distance entre soi et son
adversaire pour éviter d'être touché en attaques de percussions. Dans
ce cas il vaut mieux autoriser toutes les techniques de
combat. Pourquoi créer des règles qui dénaturent l'essence des tui shou
. il existe déjà des compétitions de lutte chinoise !
4.Tui
Shou Yi Quan compétition
La
forme compétitive des tui shou yi quan est très proche de la forme
d'étude libre du yi quan. Cette façon d'exécuter les tui shou construit
le corps martial : Le corps bouge en entier, les bras protège bien le corps,
pas de torsion inutile du haut du corps, déplacements dans toutes les
directions, continuité dans les actions. Cette compétition peut aussi
engendrer des habitudes
négatives. Le fait de marquer des points sur les poussées crée une
grande tension corporelle pour garder le contact ou pousser. Pour les
pratiquants c'est un frein dans la recherche de l'état de corps
disponible et souple, agile. Pousser l'adversaire avec une force brute
rigide n'est pas utile pour le combat libre, faire un pas en arrière sur
une poussée en combat martial ne signifie pas "perdre le combat".
Adaptation
des tui shou à la compétition ?
Comme
on le voit dans les vidéos, il est très difficile de mettre des règles
sportives en place sans dénaturer des pratiques martiales. Les tui shou
sont des exercices culturels qui sont liés à une conception de la
pratique très éloignée de la compétition.
L'écoute de l'autre demande un relâchement et une harmonie de base qui
sont contraires à la pratique compétitive. La pratique libre en
compétition des tui shou suppose d'avoir acquis une manière d'être et
de faire. La compétition est un très bon test pour soi-même et pour
connaître ses
capacités. Il faut voir si cette pratique est bénéfique ou non pour
progresser dans l'art martial. Si cela engendre trop de tension
(corps et
esprit), ou de mauvaise attitude martiale , il vaut mieux
pratiquer ces exercices entre amis avant un bon repas ou après une belle
promenade pour le plaisir.
Vidéo
compétition
Tui shou pas mobile 2011 FFwushu
VIDEO
copyright P.Gaggia 2006 / mise à jour en
2012